Rubis, saphir, émeraude : les pierres de couleur ne se jugent pas comme un diamant. Voici l'essentiel à savoir avant de choisir, d'après les grands laboratoires (GIA, SSEF, Gübelin, GRS) et mon expérience de diamantaire.
Pour une pierre de couleur, la couleur fait l'essentiel de la valeur. Le GIA la décrit avec trois critères : la teinte (rouge, bleu, vert, avec parfois une nuance secondaire), la saturation (l'intensité de la couleur) et le ton (plus ou moins clair ou foncé). Les plus belles pierres ont une couleur intense, ni trop claire ni trop sombre, répartie de façon homogène.
Un beau rubis est d'un rouge pur à légèrement violacé, sans nuance brune. Un beau saphir est d'un bleu velouté, de ton moyen à moyen foncé. Une belle émeraude est d'un vert vif et profond, parfois légèrement bleuté.
Il n'existe pas d'échelle universelle comme les 4C du diamant. Les inclusions sont attendues : presque toutes les émeraudes en montrent à l'œil nu, ce qu'on appelle le « jardin ». Certaines inclusions ajoutent même de la valeur, comme les fines aiguilles de rutile (la « soie ») qui donnent leur aspect velouté aux saphirs du Cachemire.
La taille compte beaucoup : une pierre mal taillée laisse passer la lumière par le fond et paraît terne en son centre. Enfin, les grandes pierres de belle qualité sont rares : le prix au carat augmente avec le poids.
La plupart des pierres de couleur sont traitées. Ce n'est pas un défaut, à condition que le traitement soit connu, stable et clairement indiqué sur le certificat.
Un certificat décrit l'état de la pierre au moment de l'analyse : une émeraude peut être huilée à nouveau ensuite. Pour une pierre importante, un certificat récent est préférable.
Quand ils figurent sur un certificat, ces noms de couleur ne sont pas de simples mots de vendeur : les grands laboratoires les réservent aux pierres qui remplissent des critères précis.
Chaque laboratoire applique ses propres critères : un même terme peut être accordé par l'un et refusé par l'autre.
Un rapport de laboratoire gemmologique indique :
De nombreux laboratoires reconnus analysent les pierres de couleur, en Europe comme en Asie et aux États-Unis : GRS, SSEF, Gübelin, GIA, AGL, ALGT, Bellerophon, CGL et bien d'autres. Chacun a sa méthode et son vocabulaire ; l'essentiel est que le rapport soit clair et vérifiable. Je vous explique chaque certificat avant tout achat.
À qualité égale, oui : une pierre non chauffée est plus rare. Mais un saphir chauffé de belle couleur reste une pierre naturelle de valeur, et le chauffage est stable dans le temps. L'essentiel est qu'il soit indiqué sur le certificat.
Que le laboratoire n'a trouvé aucune indication de chauffage. C'est une mention recherchée, surtout pour les rubis et les saphirs de qualité.
Oui, avec quelques précautions : éviter les chocs, retirer la bague pour le sport ou le bricolage, ne jamais la nettoyer aux ultrasons. Pour une bague portée tous les jours, un serti qui protège la pierre est conseillé.
Le rubis et le saphir, avec une dureté de 9 sur l'échelle de Mohs. Le spinelle (8) est aussi un excellent choix pour une bague.
Pour une pierre importante, oui. Il confirme que la pierre est naturelle, précise les traitements et souvent l'origine. Il protège l'acheteur et facilite une éventuelle revente.
Parce que la couleur, les traitements et l'origine pèsent bien plus que le poids. Deux saphirs de 2 carats peuvent avoir des prix très éloignés.
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